Le terme « sérendipité » veut dire « découvrir quelque chose d’inattendu par le hasard et l’intelligence », néologisme de l’anglais serendipity, tiré de Voyages et aventures des trois princes de Serendip, conte persan dans lequel les trois héros, envoyés à l’étranger par leur père pour parfaire leur éducation, utilisaient des indices pour décrire un animal qu’ils n’avaient pas vu.
La sérendipité, c’est le fait d’être toujours à l’affut de l’opportunité, savoir écouter et percevoir ce qui nous entoure pour faire de passionnantes découvertes. C’est un concept bien plus fort que le simple hasard (bien que celui-ci fasse partie intégrante de cet état d’esprit), puisqu’il allie la sagacité, la capacité à être réactif et observateur et à oser utiliser des idées non communément acquises. Savoir penser hors des structures et utiliser des moyens détournés pour arriver à ses fins.
J’ai rencontré pour la première fois ce terme en cours d’Expression Ecrite en BTS, un corpus de textes qui parlait de ce sujet. Inception-sérendipité puisque c’est un cours que j’avais l’habitude de sécher allégrement, puisqu’il s’agissait d’acquérir une méthode que je maîtrisais déjà. J’ai dû me lever plus tôt ce matin là, j’ai dû aller en cours à défaut d’autre chose, ça fait longtemps et je ne me rappelle plus les circonstances exactes. Mais cette découverte fortuite m’a fait mettre le doigt sur un concept que j’avais du mal à formuler et que j’ai, sans le savoir, suivi toute ma vie.
De base, le « destin », les « signes » sont une immense connerie, et j’ai tendance à regarder avec dédain tous ceux qui y croient. J’y vois là un abandon de sa propre vie à quelque chose de prétendument supérieur, une facilité de pensée (« j’ai rencontré mon copain dans telle école alors que je ne devais pas y aller à la base, c’est le destin. » Non connasse, ça s’appelle le hasard des rencontres.) et un artifice destiné à se protéger du caractère aléatoire de la vie, un doux fanatisme, ou les restes d’une éducation religieuse. Le monde n’est que chaos, hasard et opportunités, notre existence sur Terre n’est elle-même due uniquement au simple hasard, une cascade d’évènements heureux qui ont permis le développement de la vie sur notre planète. Et même, par extension, la vie elle-même n’a que le sens que l’on veut bien lui donner.
Vu d’un regard extérieur et banal, on peut penser que ma vie s’embourbe. Depuis ce fameux BTS décroché il y a 3 ans, j’ai entamé deux semestres en Ecole de Commerce (non terminés) et me voici en faculté d’histoire au Mans, où je m’ennuie plus que fermement. Je n’ai pas de voiture et suis loin du confort matériel que peuvent avoir d’autres personnes de mon âge avec qui j’ai partagé une table pendant mes cursus. Et pourtant, j’ai enchaîné les rencontres, les expériences, et ai acquis une richesse intérieure et une paix intime extraordinaire. Tout ce qui est matériel et a trait au travail me paraît désormais complètement vain, et j’avoue que j’ai un mal infini à comprendre cette fascination collective pour le travail, alors que tout n’est qu’opportunité, écoute et observation. A quoi bon s’échiner dans ce cirque archaïque nommé « CV + Lettre de motivation » alors que le réseautage subtil et intelligent est non seulement plus efficace, mais également bien moins fastidieux? Pourquoi s’emmerder?
Mes chroniques à LMTV? Un ami de mon frère qui glisse dans la conversation que l’animateur, une de ses connaissances, cherche un chroniqueur. Des objets retrouvés en refaisant un chemin mental, sans céder à la panique. Une blogueuse éphémère qui m’introduit dans les soirées Unrelated, où se retrouvaient journalistes, twittos et blogueurs parisiens, milieu qui suscitait chez moi une grande curiosité. Rencontrer des gens de tous milieux a toujours été une obsession pour moi, qui n’ai jamais voulu me limiter à un milieu social ou à une tranche d’âge. Même chacune des femmes avec qui j’ai partagé un lit m’ont laissé un souvenir vivace, de tous milieux comme obédiences.
Un exemple parmi tant d’autres : fin décembre, je vais boire un verre avec quelques connaissances parisiennes, et je dois prendre un TGV en fin d’après-midi pour rentrer sur le Mans. Seulement, la discussion (passionnante) s’éternise et se termine à 2 heures du matin. Pour vous résumer rapidement la situation : plus de batterie sur mon téléphone ni sur mon ordinateur portable (donc personne à contacter), la gare Montparnasse est fermée et ses alentours sont investis par une population inquiétante, 10 centimes d’euros sur ma carte bleue sans possibilité de découvert, et une furieuse envie de dormir qui m’obsède. Hors de question de céder à la panique, je tente de réserver une chambre et de la payer (sans succès) dans un premier hôtel, où je vais aux toilettes, sises à côté d’un escalier de secours, ce qui m’a donné une idée. Je pars donc en direction de l’Hôtel Concorde de Montparnasse, où il n’y a pas de réceptionniste à cette heure tardive. Je descends me laver les mains et en profite, en remontant, pour aller dans l’escalier de secours qui, ô surprise, est chauffé, a de la moquette et ne possède pas de caméras. J’y aurai passé une nuit presque confortable, en toute sécurité, pour reprendre un train en milieu de matinée.
Mon père me disait souvent « t’as le cul bordé de nouilles toi ». Pas du tout, je suis juste à l’affut des opportunités au lieu de geindre dans mon coin en espérant attirer l’attention, comme trop de gens le font.
Autre phrase qui avait don de m’amuser : « avec la chance que t’as, pourquoi tu ne joues pas au Loto? ». Parce qu’en plus d’être un baise-couillon pour simplets, le Loto ne laisse pas de place à l’intelligence ni à l’observation, c’est simplement une suite de chiffres tirés au sort, purement aléatoire. J’ai statistiquement plus de chances de caner en me prenant une noix de coco sur le crâne, aucun intérêt.
La sérendipité fuit le stress et la nervosité sur des choses futiles, elle méprise les artifices pour se concentrer sur le nécessaire. Elle sait trouver un principe général derrière un phénomène particulier mais surtout, elle est désinvolture, détachement, apaisement et foi en ses capacités. C’est le hasard et la sagacité plus que l’aléatoire ou le bourrinage (« le travail paie »), c’est savoir faire des associations d’idées entre des domaines qui semblent opposés.

Pas vraiment d’accord avec chacune des idées, mais je trouve en tout cas cet article bien plus intéressant, que la plupart des autres, qui avaient globalement pour seul but de descendre et rabaisser quelqu’un / quelque chose.
Pourquoi ne pas créer une rubrique dans laquelle tu écrirais des articles qui présenteraient une réflexion philosophique sur un mot donné ?
A+
Léo.
Sur quoi tu n’es pas d’accord, précisément?
C’est vrai que pour une fois, tu ne descends pas quelqu’un ou quelque chose, mais bon, il y a toujours ton côté égocentrique particulièrement pénible, qui veut nous faire croire que ta vie, bien qu’en réalité passablement merdique, est une aventure incroyable.
C’est d’ailleurs toujours ton cas, je prends par exemple les vidéos que tu postes (postais ? J’ai arrêté de les regarder depuis bien longtemps…) : tu les trouvais géniales et te considérait comme particulièrement bon et drôle. Les textes l’étaient peut-être (et encore…) mais le reste était franchement nul à chier : son, qualité de l’image, ton, débit, etc…
Redescends un peu sur terre Damien, et arrête de tout enjoliver. Tu ferais bien mieux de voir les choses en face et de commencer à te descendre toi-même avant de pouvoir émettre le moindre avis sur autre chose (même si je partage régulièrement ton opinion).
Oui, l’image et le son, le ton et le débit étaient à chier, je sais. Pour ça que si je dois ressortir une vidéo, il y a plein de choses que je remettrai en question, prendre du bon matos et moins négliger les rushs. Mais je vais te dire une chose : j’apprends, je créé, je teste. Même si je me plante, je retiens.
Sinon, que des platitudes, sans intérêt.
Ah, qu’il est doux ce temps d’internet, où tout le monde peut donner son avis. Les donneurs de leçons, adeptes de « Pepito, le bon sens près de chez vous » peuvent enfin s’épanouir librement, cachés derrière la rassurante fenêtre de l’anonymat.
Aujourd’hui, ce qui est beau, c’est qu’on peut juger sans connaître, enfin, en toute impunité. Et ça, ça n’a pas de prix. Ô toi, illustre inconnu, montre moi ce que tu publie, je te dirais qui tu es. Tu publies ça ? Alors forcément, ah oui ça, pas d’erreur, ta vie est merdique.
Aujourd’hui, ce qui est beau, aussi, c’est qu’il n’y a aucune progression. Tu publies une vidéo ? Ah mais ça mon cher, ça veut FORCEMENT dire que… Bah… Qu’en fait tu es persuadé qu’elle est parfaite. Ouais, voilà, c’est une sorte d’aboutissement. Et c’est pas la peine d’essayer d’améliorer ton projet hein, de toutes façons, on s’en fout, t’en as publié une avec un sou pourri parce que t’as pas beaucoup de moyens, bah, tant pis hein, qu’est ce que tu veux que je te dise.
Aujourd’hui, ce qui est chiant, c’est que l’être humain cybernetique est un paradoxe incontestable et que putain, il est fier de l’être.
S’il te plaît, Pepito, quand il est aussi peu intéressant, aussi mal tourné, lourdingue, pédant et non constructif ton commentaire, poste le sur un Skyblog
Il faudrait que je relise l’article et j’ai la flemme, mais je me rappelle avoir été en total désaccord avec : « le travail est inutile, tout se base sur un bon carnet d’adresse et quelques opportunités ». Tenir ce genre de propos dans un système aussi élitiste que le système français (prépa quasi-forcée pour intégrer une école prestigieuse), revient à jouer à la roulette russe avec un flingue possédant 5 balles sur 6 dans le barillet… Les chances de s’en sortir sont infimes.
Par contre, j’ai trouvé toute ta réflexion sur « le destin une immense connerie » extrêmement pertinente. Je possédais exactement le même point de vue, mais n’arrivais simplement pas à le mettre en mots. C’est maintenant chose faite.
A+
Léo