[Les Romans Photos de Povrane.fr] : Camping, alliances et trahisons

En plein pendant les manifestations en opposition au mariage sodomite, Ernestine, une catholique lepéniste impulsive au coeur tendre, se retrouve avec Samuel Lafont au beau milieu du Bois de Vincennes. Mais le pacte franco-allemand passé avec Grietke, une sémillante militante d’obédience germanique, entravera t-il les alliances naissantes entre les deux jeunes gens, dans l’optique de la présidentielle de 2022?

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Zèbre

Dans la salle de classe au linoléum ocre et flairant bon le détergent, je m’affaire avec quelques crayons de couleur usés, que je pioche dans une vieille boîte de gâteaux reconvertie en joyeux foutoir de Crayola. Mon regard se perd parfois à travers la fenêtre, sur le vent de fin d’hiver qui cajole abruptement les rangées de tuyas délimitant la cour goudronnée de l’école maternelle. Comme si mon esprit se détachait de ma petite enveloppe corporelle et allait rejoindre les rouge-gorges. La maîtresse, une femme souriante et austère, aux traits tirés et à la voix cassante, un tantinet éraillée, se penche au dessus de mon épaule.

« Damien? »

« … »

« DA-MIEN. »

Soudainement extirpé de mes songes, je la regarde d’un air passif.

« Oui, Maîtresse? »

« Qu’est ce que tu dessines là? »

« Un bonhomme sur une colline. »

« Mais dis moi, il a pas de bras ton personnage! »

Mon bonhomme fil-de-ferique, tout sourire, semble en effet amputé des membres supérieurs. Mais la réponse est pour moi d’une logique imparable.

« C’est normal maîtresse, c’est parce qu’il a ses bras dans le dos, comme quand il pose pour une photo. »

« Aaaah. C’eeeeest…inhabituel. Damien, tu passes en Grande Section aujourd’hui. »

Et la voilà qui me prend sous les aisselles et me soulève, telle Rafiki présentant Simba à toute la faune africaine, pour me déposer sur une chaise au beau milieu d’une bonne vingtaine de paires d’yeux me dévisageant. Elle exécute ce geste d’une manière expéditive, et malgré un âge pouvant se compter sur les doigts d’une main, je ressens une pointe d’agacement dans son geste. Depuis que je suis rentré ici, je suis dans mon monde, je créé, « dans la lune » diront un nombre conséquent de mes maîtresses, maîtres et professeurs jusqu’au lycée, ce qui génère nombre de commentaires persifleurs.

Deux semaines auparavant, une femme très gentille, bien plus que les maîtresses sévères qui me terrorisaient jusque là, m’a posé quelques questions. C’est drôle, je ne l’ai jamais vue, mais je me prête de bonne grâce à ses questions. Elle a l’air surprise que je sache compter jusqu’à 100 et que j’arrive à déchiffrer sans peine le document qu’elle me présente, où elle a noté toutes réponses que je lui ai données. Pour moi, ça me paraît naturel, ça fait un an que je dévore le programme TV tout seul, sans que mes parents n’aient à me pousser. J’ai appris tout seul en regardant Les Chiffres et les Lettres. « Voyelle!’ « Consonne! », sans effort, parce que ça m’intéressait et m’amusait en même temps.

Cette gentille dame était en fait une psychologue de la petite enfance, venue me prendre en rendez-vous à cause d’insolences répétées et d’un caractère rêveur. Puis le résultat est tombé : avec un QI estimé à 142, je suis ce que l’on appelle un « surdoué », ou un « zèbre », ou un « enfant précoce ».

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« Enfant précoce » est un terme qui me gêne, parce que ce terme sous-entend que l’enfant a une avance sur les autres à un âge donné, avance qui fond comme neige au soleil et qui disparaît à l’âge adulte. Or dans les faits, le surdoué le reste jusqu’à la fin de sa vie, les capacités intellectuelles ne réduisant pas avec l’âge. Je n’ai pas de problème avec le terme « surdoué » (par défaut, je le trouve plus adapté que les autres) mais en société, affirmer que vous l’êtes a vite fait de vous faire passer pour un être vantard et prétentieux.

Le terme « zèbre », lui, a été introduit par la psychologue Jeanne Siaud-Facchin dans un livre nommé «  Trop intelligent pour être heureux ? - L’adulte surdoué » , faisant une analogie avec « cet équidé qui est le seul que l’homme ne peut pas apprivoiser, qui se distingue nettement des autres dans la savane tout en utilisant ses rayures pour se dissimuler, qui a un besoin des autres pour vivre et prend un soin très important de ses petits, qui est tellement différent tout en étant pareil. «  Un peu trop lyrique à mon goût, mais je prends.

Pour l’info, selon le test de Wachsler (ou WAIS), le QI d’une personne lambda se situerait au niveau de 100. A partir de 130, on considère que la personne fait partie des 2,2% de la population « surdouée ».

Concrètement, qu’est ce que ça veut dire? Le terme « surdoué » est une réalité neuropsychologique, un fonctionnement cognitif plus rapide que la moyenne, particulièrement au niveau du traitement des informations. Le surdoué possède plus de neurones et de connexions neuronales qu’un être « normal », et aura tendance à utiliser principalement son cerveau droit pour traiter l’information (endroit de la créativité, de la philosophie, de l’appréciation et de la prise de risques) contrairement à la majorité de la population qui utilisera son cerveau gauche (logique, science, maths ou encore sécurité). Mais le corollaire de cette particularité est une hypersensibilité et une lucidité parfois pesante, la sensation perpétuelle d’être le descendant d’une famille d’extraterrestres fraîchement débarqués sur la Terre.

Pour faire simple, quand la majorité des gens roulent en Clio, je roule en Ferrari, mais avec un pilote maladroit et un bolide ultrasensible, qui peut déraper au moindre coup de volant. Et dieu sait que je me suis mangé des murs de pneus.

La grosse erreur de mes parents (et je ne leur en veux aucunement, l’information sur le sujet au début des années 90 était loin d’être aussi disponible que maintenant), c’est d’avoir cru que je serais un « petit génie », quelqu’un qui n’aurait pas besoin de se fouler pour réussir brillamment à l’école et qui s’éduquerait tout seul. Et je tiens à préciser qu’ils ne m’ont jamais poussé à faire quoi que ce soit, comme ils ont pu l’entendre de la part d’un entourage fielleux.

En Grande Section, j’avais un niveau de lecture « Niveau CM2″, selon mes maîtresses. J’adorais lire. Je dévorais le dictionnaire dès que j’étais à la maison, j’étais fasciné par les cartes représentant les pays, les départements, les régions, que j’avais fini par retenir sans effort à 6 ans, ce qui m’aura valu de passer pour un phénomène de foire auprès de la famille et des amis de mes parents.

« Dis Damien, quelle est la capitale de Madagascar? »

« Antananarivo »

« Hé bien, qu’il est intelligent ce petit. »

Lâche moi, grognasse.

A l’école, apprendre m’amuse autant que les cours m’ennuient. Tout est bien trop lent, on me demande de restituer un résultat en expliquant le raisonnement, alors que je SAIS le résultat, instinctivement, sans être capable de l’expliquer. « Rêveur », « Dans la lune », je suis souvent perdu dans mes pensées, dans les histoires que je me raconte, dans ce monde intérieur foisonnant que je me suis créé et qui ne me quitte pas. Par chance, je suis toujours tombé sur des professeurs bienveillants et compréhensifs (beaucoup de surdoués n’ont pas cette chance) qui m’auront donné des exercices en plus et auront satisfait mon appétit de connaissance, et ce jusqu’à mes études supérieures.

Quand mes camarades s’ébattaient dans la cour de récréation, je lisais passionnément un  »Chair de Poule » que je terminais en 10 minutes. Mes phrases ont le don de faire rire les adultes, comme à 5 ans quand je dis à mon grand-père « toi je t’aime bien, parce que tu rigoles mais tu restes sensé. » Les personnes à qui je parle dans la cour sont des grands qui ont 2 ou 3 classes de plus que moi, je récolte le surnom de « pot de colle » à cause de mon trop plein d’affection et malgré ma naïveté qui me fera devenir le parfait toutou d’une camarade dont je voulais qu’elle soit « mon amoureuse », j’ai eu une enfance globalement heureuse. J’étais dans les 3 premiers de la classe sans effort particulier, et mon maître de CM2, un barbu communiste à la voix de baryton, m’initiera aux joies d’Internet.

En arrivant au collège, ce que je pensais être une nouvelle étape de ma vie que j’abordais avec une sincère et naïve impatience s’est transformé en l’un des niveaux de l’Enfer de Dante. Mes camarades, qui jusqu’à lors s’étaient comportés de manière distante mais bienveillante, se mettent à me rejeter parce que « trop intello », trop facile de le faire pleurer, de lui piquer ses affaires, de l’emmerder en groupe. Même le CPE semble s’exaspérer de me voir tous les midis dans son bureau.  Je suis un intello? Très bien, désormais je ne lirai plus qu’en cachette, je baisserai mes critères, peut-être qu’ils m’apprécieront plus s’ils me voient comme l’un des leurs.

En conséquence, mes notes jusqu’ici excellentes baissent drastiquement, mes parents passeront un temps exponentiel à se plaindre de mes résultats et je cherche leur reconnaissance perdue auprès de mes camarades. En réponse, ils planqueront mon cartable pendant une semaine dans un casier, me voleront mes affaires et s’amuseront à me toucher et à courir, d’un air dégoûté « aaah, j’ai la peste à Damien, tiens je te la refile » « Aaaah!!! ». Cette année de 6ème et le cercle vicieux baisse d’exigences => baisse des notes => baisse de reconnaissance des parents => recherche de reconnaissance chez l’autre => rejet, tristesse => baisse des notes ont été le prélude à un besoin de reconnaissance proéminent qui, avec le recul, m’aura pourri mon adolescence et dont, je dois l’avouer, je ne me suis pas encore totalement séparé.

Longtemps, par sincère et désespéré désir d’intégration, j’ai tu cette particularité, cherchant à tout prix à paraître « normal », je n’y prêtais même plus attention. J’ai changé de look, enlevé mes lunettes, étouffé mon appétit de lecture. Seulement, je n’avais pas encore la maturité nécessaire pour savoir que l’estime et l’affection ne se décrètent pas, et qu’être dans une perpétuelle attitude de « hey, regardez j’ai changé je suis comme vous, aimez moi, AIMEZ MOI » a effectivement tout l’effet inverse. Tu ne peux pas respecter quelqu’un qui te lèche le cul, comme disait Ferris Bueller dans le film éponyme.

L’effet de « bouc émissaire » est intéressant à observer. (d’ailleurs, saviez vous que ce terme est la traduction grecque de « Bouc à Azazel », littéralement le bouc qui portait sur lui tous les péchés d’Israël?) Littéralement, c’est celui qui aura une vie intérieure riche (bien que, pour moi, la mienne ressemblait davantage à une friche) et aura des valeurs ou une apparence singulières qui s’attirera l’opprobre d’un groupe. Mais lorsque vous demanderez au groupe la cause de leur comportement réprobateur, ils vous répondront « heu heu ben parce qu’il est con lol » ou pire, « je ne sais même pas en fait ». L’être différent est considéré inconsciemment comme une menace pour le groupe et son harmonie, il révèle les dysfonctionnements de celui-ci et les manques de ceux qui le composent, parait-il. Une réaction moutonnière de la part d’individus grégaires.

Depuis cette époque, j’ai continuellement gardé un sentiment de méfiance et de mal-être vis à vis des effets de groupe, des cibles faciles et des interactions qui en résultent. Comme Desproges, j’ai tendance à penser que le groupe est un lieu où ne s’exprime que la bêtise, et que plus il y a de gens, moins le groupe est intelligent.

Paradoxalement, n’ayant qu’un soutien familial maladroit et davantage nocif qu’autre chose et une vie amicale réduite à la portion congrue, je suis devenu hermétique aux normes sociales que j’avais toutes les peines du monde à intégrer auparavant. Voir ses parents comme des êtres intouchables parce qu’ils vous ont « donné la vie », participer aux hallucinations collectives, s’écraser devant une autorité dévoyée et travailler parce que « c’est comme ça », j’ai tout désintégré, au fur et à mesure, pour me forger mon propre système de valeurs. J’y ai gagné une indépendance d’esprit et une capacité à raisonner avec le minimum d’influence extérieure. Il paraît même que ça porte un nom en psychologie, la désintégration positive. (la découverte de cette notion a été pour moi une révélation)

Une grosse crise existentielle et sociale (appelons-la mini-dépression) aura dévasté le personnage brinquebalant que j’avais réussi à créer, quelqu’un que l’on tolérait plus que l’on appréciait ; une relation de couple malsaine, une maladie bénigne mais coriace et donc difficile psychologiquement, rater des cours parce qu’ « à quoi bon? », sécher les cours par ennui. J’ai donc raté mon examen de BTS en 2009, et c’est assurément l’une des meilleures choses qui me soit arrivées dans ma vie. Cet échec aura fait voler en éclat la peur panique que j’en avais, et j’ai compris que c’était MES choix, MES opinions, qui détermineraient ma vie, là où je n’étais qu’un spectateur las et désabusé. Puisque mes émotions m’avaient trahi, alors autant faire marcher ce soi-disant « supercerveau » et faire fi des convenances.

J’arrive enfin à mettre des mots sur le système de l’école, sur les incompréhensions qui en ont résulté : l’école ne sert pas à révéler les talents mais à former un élève moyen, et il faut s’adapter à celui qui a le plus de difficultés. Tout est question de méthode : intègre la méthode, et tu obtiendras de bonnes notes sans effort. Aucun apport personnel, mais c’est ce que l’on te demande. Sur le principe, c’est une bonne chose de s’adapter au plus grand nombre, mais il serait judicieux que l’Education Nationale se penche sur ces élèves qui pourraient être de réels atouts pour le pays et la société (on estime leur nombre à un par classe, en moyenne), à la pensée originale et inventive, qui savent associer des idées comme personne. Que l’on sorte de l’image d’Epinal du petit génie, ou des suspicions sur les parents qui pousseraient leurs enfants à être des singes savants pour briller en société.

Avec mes quelques recherches, j’ai pu mettre des mots clairs sur une façon de penser qui m’imprègne de la tête aux pieds mais que j’étais dans l’impossibilité de définir. Quand la plupart des gens ont une pensée linéaire (littéralement, une idée après l’autre), comme ceci, le zèbre pense en arborescence. Voici un schéma qui l’exprime très clairement.

La pensée linéaire à gauche, la pensée arborescente à droite. Pour bien comprendre, partez de la bulle centrale et suivez les arborescences, les flèches étant les liens entre les différentes idées. Voici, concrètement, ce qui se passe dans le cerveau d’un surdoué : un feu d’artifices d’idées, de sons, de sensations, qui apparaissent quasi instantanément. Et ça ne s’arrête jamais, sans possibilité de mettre « pause ». Vous imaginez le bordel?

Après cette prise de conscience, je suis tombé dans l’effet inverse : par éjection de frustration, j’ai volontairement mis mes émotions en sourdine, vu que celles-ci, paralysantes, m’avaient conduit à ma perte. J’y ai gagné en assurance ce que j’ai perdu en empathie. C’est cette facette de ma personnalité, ce personnage, que vous pouvez lire au tout début de ce blog : un être maladroitement cynique. Ce personnage m’a néanmoins permis d’aller plus loin que je ne l’avais fait auparavant, que ce soit dans mes essais de chroniques TV ou dans ma vie personnelle. Au fur et à mesure, cet excès d’intellectualisation s’est adouci, laissant filtrer l’émotion jusqu’ici mise sous cloche. C’est « l’instinct », je n’ai plus cette obsession du contrôle qui me donnait l’impression d’être sans cesse en représentation.

Je sais que beaucoup de surdoués vivent cette différence comme un fardeau, certains enchaînent dépression sur dépression (ça ne m’est fort heureusement jamais arrivé), d’autres donneraient tout pour être normal, sont en échec scolaire. Avec le temps, j’ai appris à me familiariser avec cette particularité, à l’apprivoiser, et donc l’accepter. Cela fait un ou deux ans que je suis en totale paix avec moi-même, alors que l’on me considérait il n’y a pas si longtemps comme abominablement stressé. J’ai appris à lâcher prise, à observer, je me suis remis à lire, j’ai des milliers de projets que j’aimerais mettre en oeuvre (même si passé l’excitation de la nouveauté, je n’en termine quasiment aucun), et s’il m’arrive de me planter ou de faire de la merde (mes précédentes vidéos en sont la preuve), quelle importance? J’apprends, seul, et l’échec ne me fait plus peur.

Je sais désormais que je n’aurai pas de carrière toute tracée, je ne suis pas prêt à toutes les compromissions ni à perdre ma dignité pour garder un job sans intérêt, comme trop de gens sont forcés de le faire. L’autorité n’a pas de sens sans compétence selon moi, et j’en arrive au syndrome du roi nu, comme dans ce conte où un escroc prétend coudre un costume magique au roi, en réalité inexistant ; celui-ci défile dans la rue pour montrer son « costume » à ses sujets, et ceux-ci étant gênés, le couvrent de louanges sur ses oripeaux factices. Tous le font, sauf un petit garçon qui s’exclame « le roi est nu! ».

Concrètement, avec cette particularité du zèbre qui veut que les sens soient exacerbés, j’ai vite acquis une capacité d’observation et de déduction, couplée avec l’instinct ; j’adore gratter le vernis social et savoir qui sont vraiment les gens, saisir le pourquoi de leurs réactions, leur personnalité, leur comportement, on me reproche parfois de trop analyser. Et je me trompe de moins en moins. En gros, si j’ai un crétin en face de moi, je vais le voir de suite, et je contesterai toujours un ordre imbécile et illogique, malgré le supposé rapport de hiérarchie. Apprendre aussi à faire le tri entre les gens inintéressants, les nuisibles, les coquilles vides, et ceux qui valent le coup

Après un semestre de fac d’histoire qui aura duré deux semaines, j’ai pris la décision d’arrêter mes études, après un Bac +2. Je sais que où que j’aille, je finirai par sécher les cours parce que j’ai l’impression que mon corps est en pilote automatique avec mon cerveau qui tourne à vide, un locked-in syndrome appliqué aux valides, ce sera de la perte de temps et d’argent. J’apprends bien mieux en autodidacte, et je me suis proposé pour faire des chroniques sur RCF72, et pour être correspondant local pour le Ouest-France. C’est peu de chose, mais j’ai bon espoir de faire de bonnes rencontres et de pouvoir percer, en pleine conscience de ma personnalité.

Alors certes je pars à l’aventure, certes je n’aurai sans doute pas la réussite sociale et financière que la société fait miroiter à tout un chacun, mais qu’importe : je veux simplement être heureux, en accord avec moi même, continuer à créer et communiquer le plus clairement possible sur cette différence. Ce sera le meilleur moyen de la faire reconnaître, sans prétention ni misérabilisme.

Je suis SURDOUE, un être singulier et différent, et j’ai choisi de l’assumer et d’en tirer tous les bienfaits. Posément.

 

 

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Damien Jd poétise

L’éducation rustique ou rurale

voudrait des marmots malléables.

« Ferme ta gueule, obéis, débarrasse la table »

Le petit Jean-Louis s’est tiré une balle.

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Dans la boîte de campagne

reconnaissant un étron de Bob Sinclar

surgit, tignasse comme un phare

un double-menton. Prémice de castagne?

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Pratiquant le calembour forcé

et parodiant Nabilla

le twitto lambda

ne se sent plus pisser.

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Caressant la toison purpurine

il se relève, renfile son boxer

et jette un dernier regard tendre-amer

sur le corps trépassé de sa concubine.

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Répondant à sa part d’instinct animal,

la trentenaire au teint de faïence

voulant « pimenter » son existence

cuisinait ses pertes blanches à la poêle.

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Idolâtré des cuistres

en pérorant des banalités

son nom : Gad Elmaleh.

L’humoriste est sinistre.

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Cette fée venue de l’Atlas,

être gracieux à l’élégance ouatée

et une voluptueuse poitrine qu’il me plaît à têter

se nomme Soraya, une femme pleine de grâce.

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Obèse, juive et bipolaire

se belinant sans pression, devant la fenêtre

Vegan et fière de l’être,

la blogueuse est une fieffée rombière.

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